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Après la tourmente

le Mar 1 Mai - 12:49
A mon amie partie depuis maintenant trop longtemps...

Après la tourmente

Je marche au bout du monde. Au milieu de tout, au milieu d'un rien. Dans le néant et
l'effervescence. Vers un lieu inconnu où je brûle pourtant de me rendre. Je suis seul,
comme toujours, je parcours le monde. Mon regard se promène, au loin. Tout me semble
morne, figé en un ultime portrait, rongé par le temps, pris dans les glaces de mon oubli.
Un ultime crépuscule, au début de ce triste printemps. Au fil de mes pas, j'arrive au
sommet d'une colline, si minuscule face à l'immensité d'un infini champ de blé qui s'étend
derrière elle. Je ressens un apaisement, un calme. Une étrange joie face à ces millions de
petits soleils, aussi éphémères que la nuit.
Un grand bruit de ressac se fait entendre. Je guette l'horizon, espérant saisir au vol cette
étrange mélodie. Au loin, les tiges des plantes d'or ondulent. Ô magnifique océan, couleur
d'une lueur si hostile à mon cœur. Quelque chose arrive, la brise s'est fait houle. Une
invisible force qui me terrifie. Un vent violent et glacial. Une puissance dévastatrice. La
vague approche, vite, trop vite. Serait-ce venue ma fin ? Serait-ce enfin la vague qui me
fera chavirer ? Comme cette femme autrefois…
A la place du blizzard, c'est un mur qui me heurte. Un mur volatile, fait de mes
désillusions et de mon tourment. Contact. Je ne suis plus rien. C'est au moment où mon
envol prend fin et que je m'écroule dans la poussière que le ciel se déchire. La pluie s'abat
en un cataclysme. Un infernal monstre venu de mes cauchemars. Serait-ce la fin d'un
monde, la fin de nos vies ? Je vois plus rien, mes yeux saignent, écorchés par l'ouragan qui
me torture. Au fond de la tourmente, je me souviens de la tempête de nos corps enlacés,
de la démence de mon cœur déchiré. Je me retrouve au sol, plaqué par la peur. Le vent
m'emporte, je suis brisé, submergé, détruit. Je ne peux plus penser. Comme je suis faible !
Petit être de tourments et de tortures, victime des nuages et du ciel. L'eau rentre dans mes
poumons et mes entrailles. Je me noie, je vais sans doute me noyer. Les perles de pluie ne
sont qu'un acide visqueux et sale. Les cieux ne sont qu'un sanglant amas de rouille. C'est
une aurore pourpre qui se dessine à l'horizon. Un triste reflet de mon esprit en perdition.
Le monde n'a qu'un vague goût de terre et un amer goût de sang. L'eau me ronge et me tue
! Je me tords, me traîne, je meurs, je souffre. Je m'enflamme ! Je suis fou à en mourir. Je ne
suis qu'une sombre douleur, démente dans la nuit noire. La douce pluie détruit mon corps.
C'est la fin de tout, la fin d'un rien. La naissance d'un océan de sang, de sel et de sueur. La
seule trace de l'impitoyable zéphyr de nos amours en perdition. Les émotions ont déserté
mon âme, les sentiments m'ont quitté. Adieu cruelle aberration, faiblesse terrible, au
revoir amour ! Je subis la tourmente, sans espoirs, impassiblement.
Je rentre dans mon esprit, un cimetière. Ici, tout est calme. Je regarde une pierre tombale
qui se dresse devant moi. Souvenirs. Petite souffrance égarée dans les temps. Je chavire, je
m'effondre. Je porte une main au niveau de mon cœur. Il y a un vide, un néant. Un point
sombre et insistant. Je me redresse, les jambes tremblantes. Je reprends la route, entre les
neiges de mon chagrin. Les feuilles mortes crissent sous mes pas, doux chants de folie qui
guident nos vies vers des illusions d'espoirs. Seul, j'avance, recroquevillé sur moi même,
pour protéger de la douleur ce néant qui me sert de cœur. J'ai une blessure au creux des
paumes, la déchirure du condamné. Mes poumons se vident et se remplissent, en un
douloureux signe de vie. Je me traîne, me rassure, sombre dans la démence. Je prends dans
mes bras mon propre corps, me parlant doucement. Sombre folie. Je suis brisé ! Ô beau ciel
sanglant ! Barbare impie et meurtrier ! Toi dont les corbeaux gardent les cimetières d'ici
bas. Cimetière, contrée d'amour et de pleurs, champs où perle les larmes des morts,
demeure de souvenirs destructeurs. Je hurle, je me tords, je suis tordu. Je suis cassé. Je ris à
en mourir. Je me compresse le visage de mes mains pleines de sang. Je sers, je sers, je vais
exploser ! Je veux mourir, je vais mourir. Je ne peux même plus pleurer. Je suis flou,
éphémère. Je vais disparaître.
Je m'échappe de mon esprit. Le sanglant crépuscule illumine toujours le monde, éclairant
la rosée d'un matin parti depuis longtemps déjà. Et après ? La nuit, le noir, le néant.
Plusieurs portent vers le même univers. Une lande brumeuse et froide. Une contrée de
douleur, scarifiée sans cesse par le blizzard. Un refuge d'être solitaire, vivant avec peine
sous le regard brûlant des étoiles, fuyant le monde, pour être libre, comme le vent. Impact.
La tempête me cueille. Les amertumes reviennent, amenant avec elles les anciens
paysages. Je finis d'être rongé, brisé, noyé, cassé, déchiré, détruit par l'ouragan. Mon sang
teint le monde. Je ne pourrai bientôt plus exister ! Disparaître ! Je vais disparaître ! Enfin !
J'ai été l'amant de la brise, dans un doux rêve que la tempête a balayé d'un souffle, je goûte
la solitude pour dernier repas.
Je m'écroule. Dans sa clémence, la Terre m'absorbe. Je me glisse en elle, dans une étrange
quiétude. Je descends, sans cesse. Tout est à nouveau calme. Je me fonds en cette planète.
J’atteins son centre, Je me consume, m’évapore. Je refais surface. Me voilà perdu au milieu
d’un champ, bordé de grands arbres. Je suis le solitaire épouvantail, n’effrayant plus les
oiseaux. Un monstre de poussière de mélancolie et de tristesse, n’attirant que les corbeaux.
Je suis seul, je contemple, ce que je suis, ce qui m’entoure. J’observe la belle aurore. Je sens
sous moi la terre âpre et les racines des puissants chênes. Que de nostalgie devant cette
fuite du temps et du paysage. Les larmes me prennent, brisant ce subtil équilibre. Je suis
ivre de peine dans mon champ de solitude. La neige s’abat, doux mirage. Je prie pour
m’enfuir. Tout devient froid et humide, les blancs cristaux fondent sur le sol et sur mon
visage. Je cherche désespérément le bonheur. Que faire ? Je ne vois rien venir…
La neige se fait caressante. Il est drôle de voir le monde se teinter de joie. Le monde
retrouve des couleurs. A travers les froides larmes du ciel, j’aperçois un matin souriant. Au
fond du vert intense du paysage printanier, je crois l’apercevoir. Une silhouette au loin.
Un vague espoir m’enlace. Mon cœur bat, je vis. Quelle douceur. J’aime cette sensation.
Qu’est-ce qui m’a pris de vouloir mourir ? Mes larmes se perdent au vent. Je pleurs,
longtemps. En fermant les yeux pour ne plus voir le beau paysage se troubler encore.
Lorsque tout cesse enfin, lorsque j’ouvre à nouveau les yeux, le crépuscule m’accueille. La
journée s’est enfuie. Plus sublime que la paix, plus puissant que les sentiments, plus grand
que les émotions, aussi seul que moi. Doux coucher de soleil. Je reste immobile, savourant
chaque seconde de cette vie qui s’offre à moi, dégustant ce paysage sublime. La nuit
apparaît. Elle me caresse, m’enlace, me berce. Je m’endors.
Je me fais explorateur de rêve. Je marche. Au bout de mon esprit. Là où tout change, à
chaque instant. Là où Aurore et Crépuscule se sont rejoints pour devenir amants. Le soleil
se reflète sur cette terre fertile. Un autre champ de blé s’étend devant moi, douce mer d’or
pure. Toi dont les vagues majestueuses sont créées par la brise.
Je sens soudain une puissante vibration provenant du sol. Je ferme les yeux, n’osant
imaginer la fin de ce monde si merveilleux. A la place du cataclysme attendu, je me
retrouve projeté dans les airs par un cerisier naissant. Il croît, sans cesse, m’amenant au
travers des nuages, pour toucher la voûte céleste. Je suis au sommet de ce monde, au
sommet d’un arbre titanesque. Sa croissance extraordinaire s’arrête doucement. J’éprouve
une certaine joie face à ce sublime décor. Tout est calme, on dirait le rêve d’un enfant.
J’ose regarder le sol, si loin de moi à présent. Le paysage qui s’y dessine me coupe le
souffle. Je découvre un immense fleuve dont le lit serpentin se finit dans un océan limpide
et pourtant terriblement obscur. Les fleurs du gigantesque cerisier se détachent une à une,
elles virevoltent au gré du vent, descendant vers la Terre. Merci arbre-monde, belle est ta
neige cette année.
Je me décide à lever les yeux. Alors, tandis que la nuit gagne cet univers, je découvre les
cieux. Je ne sais que dire, je ne sais que penser face à cette œuvre d’art, face à cette beauté
irréelle. Vais-je me réveiller ? Je suis sous le regard brûlant des étoiles. L’astre lunaire
caresse mon visage de ses doux rayons. Ce qui surgit tout à coup en moi, c’est la douceur
de ce paysage. Devant moi, l’infini, un attrait désespérant pour ce vide. Je suis pris de
passion. Je prends mon élan et m’élance, sur une des immenses branches du cerisier. Je
cours à en perdre la raison. Vais je goûter l’extase ? J’arrive au bout des branchages. Je
saute, de toutes mes forces. Je tends les doigts, frôle les étoiles, tombe. Je quitte le voile
céleste, à regret. Je chute, librement. Je me tourne vers la Terre. Je suis pris d’une angoisse.
La mort viendrait-elle en ce moment si sublime ? Le vent et l’aube m’ont rejoins. Ce
dernier me retient dans ma chute. Il m’attrape par la main. Ainsi, nous valsons dans les
airs. Je retrouve l’ouragan, la tempête de nos corps enlacés. Nous ne faisons plus qu’un.
Nous parcourons le monde dans une brise d’espoir, doux songe enfantin. Après avoir fait
cent fois le tour de cet univers, le vent me lâche, à mon point de départ. Triste et
douloureuse séparation entre deux amants.
Ma chute se prolonge, droit vers le fleuve. J’écarte les bras pour savourer l’ultime instant,
je n’ai plus peur de la mort. Ce geste me ralentit. Je me pose doucement sur un des
grandioses pétales de cerisier qui navigue par là. Ainsi, je glisse sur le fleuve. Devant moi,
l’océan, derrière moi, plus rien. L’aurore fait de lui une mer de sang, comme mon cœur.
Le temps s’écoule en une douce mélodie de piano, sublime et douce, comme la caresse de
la brise sur mon corps. Je suis le rêveur, songeant sa vie, vivant ses rêves, dans une douceur
extrême, dans un amour grandiose. Le jour est pleinement arrivé, l’océan est maintenant le
reflet azur du ciel. Je quitte le fleuve pour naviguer en lui. La côte disparaît bientôt de ma
vue. Je me retrouve alors propulsé hors de l’eau par un immense galion. Je me retrouve à
sa proue, face au paysage sublime. Je suis le capitaine du bateau navigant sur l’océan des
morts. Le ciel est d’un bleu pâle, la mer est d’un bleu profond. Cet horizon est si
pleinement vide ! Il me fait rêver, il me fait me souvenir. Je pense à elle qui est loin de
moi. Je pleure. Je ne sais plus réellement pourquoi. Je suis en perdition. Mon cœur tangue.
Tiens, je vis. Bonjour, monde ! Je suis seul, comme toujours, je suis libre à en mourir. Les
vagues montent, une tempête se prépare. L’ouragan arrive, doux amant de la mélancolie.
Je suis le voyageur, ayant embarqué sur le navire des derniers jours, cherchant la vague qui
me fera chavirer. Elle arrive, enfin. Je la vois, au loin. Elle me prend, me caresse, me noie.
Je meurs, je me réveille.
Lumière, douce lumière. Ai-je été triste hier ? Je ne sais plus. Je n’ai aucune raison de
l’être. Autour de moi, tout est tourbillon de vie. Les chrysanthèmes couvrent le sol. Les
papillons volent dans les airs. C’est enfin le printemps. Des cerisiers épars se balancent au
vent. Je me souviens d’elle. Souvenir lointain et flou. Comme je l’aime. Je me souviens de
cette étoile, non pas dans le ciel, mais posée délicatement sur Terre. Une petite poussière
au milieu d’un tout, éclairant tant bien que mal toutes les heures de la nuit, observant le
temps qui passe jour après jour. Une petite étoile. Non pas dans les cieux, mais dans mon
cœur, contemplant mes rêves les plus intenses, tentant d’éclairer mes cauchemars les plus
sombres, au risque d’en perdre la vie. Au risque d’en perdre la raison. Une sublime étoile,
belle et éphémère, élue de mon cœur, à jamais. Mon âme est maintenant une chaude nuit
d’été. J’avance sur une plage de sable fin, goûtant une dernière fois à la brise. Je me tourne
vers l’océan, le contemple. C’est une fin heureuse. Étrange. Tout s’arrête ici. Au revoir,
monde !
J’ai soudain entendu des bruits de pas provenant du lointain. Je me suis retourné. Elle était
là, courant vers moi, souriant, belle et essoufflée. J’ai couru à sa rencontre. Pris tous deux
par notre élan, nous avons tourné sur nous-mêmes un court instant, avant de tomber dans
le sable. Je l’ai enfin retrouvée, je me suis retrouvé, à la croisée des chemins, perdu, en
perdition. Allongés sur la plage, dans la nuit, nous avons longtemps ri, en nous échangeant
des poèmes, des baisers, de doux murmures, de tristes souvenirs. Nous avons contemplé le
ciel charbon, en caressant les étoiles de nos yeux complices, heureux. C’est ainsi que nous
nous sommes endormis, à jamais.

Jsas
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Re: Après la tourmente

le Ven 4 Mai - 0:19
très jolie poème par contre attention à la présentation de ton poème on a du mal a le lire pense a sauté des ligne pour chaque paragraphe je pense pour que ça soit plus lisible ^^

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